Dans les conflits de ces dernières années, de l’Irak à la Tchétchénie, en passant par la Bosnie, le Rwanda ou la Palestine, les femmes se voient attribuer divers rôles à leur corps défendant... Pourtant, des femmes résistent et refusent leur rôle de reproductrices, d’emblèmes ou de victimes que le patriarcat leur assigne. Elles refusent de voir leurs revendications à plus d’égalité et de droit toujours remises à plus tard, toujours soumises à l’intérêt du groupe.
Introduction d’Alima Boumediene, sénatrice de Paris
Avec :
Nassera Dutour, Collectif des familles de disparus d’Algérie
Jules Falquet, Chercheuse
Tamara Farid, Membre de la Ligue Etudiante des Droits Humains à Bagdad (sous réserve)
Etelle Higonnet, Human Rights Watch, rapporteur Côte d’Ivoire
Véronique Nahoum-Grappe, Chercheuse
Ella Poliakova, Présidente des "Mères des Soldats russes" de Saint-Pétersbourg,
Dans les conflits de ces dernières années, de l’Irak à la Tchétchénie, en passant par la Bosnie, le Rwanda ou la Palestine, les femmes se voient attribuer divers rôles à leur corps défendant : la dénonciation des abus commises contre elles par l’ennemi, lui-même ainsi présenté comme barbare par nature, sert de prétexte au conflit ; l’argument de leur « protection » sert à justifier les violences ; le viol, en temps de guerre, relève d’une stratégie de domination non seulement de la femme mais aussi du camp adverse ; quant aux femmes violées, elles sont blessées de multiples façons, y compris par leurs proches et leur communauté qui font peser sur elle un odieux sentiment de culpabilité et de honte…
C’est oublier que cette violence exercée de manière visible et extrême sur le corps des femmes s’inscrit d’abord dans un continuum qui traverse toutes les époques et toutes les civilisations, qu’elle est inhérente aux rapports de genre, au niveau de la famille, de la tribu, de la cité, dans toutes les sociétés patriarcales.
Pourtant, des femmes résistent et refusent leur rôle de reproductrices, d’emblèmes ou de victimes que le patriarcat leur assigne. Elles refusent de voir leurs revendications à plus d’égalité et de droit toujours remises à plus tard, toujours soumises à l’intérêt du groupe. C’est en tant que mères qui doivent subvenir aux besoins de leurs enfants dans des pays dévastés, en tant que femmes et que citoyennes ou pacifistes, parfois en tant que combattantes aussi, qu’elles s’opposent à une logique dominatrice ou de guerre totale, qu’elles tentent de résoudre les conflits en rencontrant les femmes du camp adverse par exemple, ou de reconstruire matériellement et politiquement la communauté après le conflit, qu’elles démontent enfin par leurs actions et leurs discours le principe même d’une guerre des civilisations fondée sur la suprématie d’une culture sur une autre.
Au Sénat - Palais du Luxembourg - Paris VIe (FRANCE)
Le Lundi, accueil à partir de 9H30
Matinée (10H-12H30) : le corps des femmes dans les guerres
Pause déjeuner (de nombreuses brasseries, sandwicheries rapides et petits restaurants, notamment japonais -peu onéreux-, existent autour du Sénat) permettront aux participants de se restaurer à la pause déjeuner.
Après-midi (14H-17H) : stratégies de résistance
Accueil au 15ter rue de Vaugirard. Métro Odéon ou RER Luxembourg.