Natacha Kandic, Directrice de l’organisation serbe de défense des droits de l’homme Humanitarian Law Center (HLC) est aujourd’hui menacée de mort à Belgrade. Son nom a été conspué par les manifestants qui protestaient contre l’indépendance du Kosovo et le quotidien Novosti l’a attaqué dans un article sur "Natacha, la femme qui n’existe pas", lourd de menace.
Pendant toute la période de dislocation de la Yougoslavie Natacha Kandic n’a cessé de dénoncer les violations des droits et les crimes perpétrés par les nationalistes de tout bord et, en tant que Serbe, à faire connaitre et à condamner les crimes commis par les forces officielles ou officieuses « au nom de la Serbie », en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et aussi, ce qui était moins fréquent à Belgrade, au Kosovo. Après la chute de Milosevic, Natacha Kandic et son organisation HLC, ont combattu pour le respect des droits humains en Serbie et pour contribuer à la connaissance des faits, à la compréhension des causes, et à la dénonciation des responsabilités, des crimes contre l’humanité commis durant les guerres post-yougoslaves.
Au cours de ses multiples activités pour la paix et la défense des droits, Natacha Kandic a participé à plusieurs initiatives de notre réseau international Helsinki Citizens’ Assembly (HCA) ainsi qu’à des actions organisées par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ou le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).
Natacha Kandic a reçu en 1999 le prix Martin Ennals, attribué à un défenseur des droits de l’homme par Amnesty International, Defence for Children, German Diakona, Human Rights Watch, International Alert, la Commission internationale des juristes, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme(FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture, etc.
L’action passée et présente de Natacha Kandic et du HLC ne constituent pas seulement une part de l’honneur de la Serbie, ce sont aussi de précieuses pierres pour contribuer à bâtir la paix et à la réconciliation entre les peuples de la Yougoslavie et tout particulièrement les Albanais et les Serbes. C’est cela que les ultranationalistes et les héritiers de Milosevic veulent effacer.
Assemblée européenne des Citoyens (Helsinki Citizens’ Assembly France) & Collectif Resisting Women, Paris, 24 février 2008
Tamara Farid, membre de la Ligue Etudiante des Droits Humains d’Irak, était attendue à Paris pour une série d’évènements à l’occasion de la Journée mondiale des Femmes. Elle devait, notamment, participer au colloque organisé au Sénat par Resisting Women le 10 mars sur « Femmes et Guerres », sous le patronnage de la sénatrice Alima Boumedienne- Or, elle s’est vu notifier son refus de visa par l’ambassade de France à Bagdad . « Nous nous battons pour créer un socle stable pour une société démocratique. Je pense sincèrement que je peux participer à la création d’un nouvel Irak. » écrivait la jeune femme à l’été 2007. La Ligue étudiante des droits humains (SLHR) à laquelle appartient Tamara, elle-même de confession chrétienne, est une organisation mixte, multiconfessionnelle et non partisane créée en juin 2003 par des étudiants bagdadis qui croyaient dans le droit de la jeunesse à participer à la vie politique et sociale après la chute de Saddam Hussein. Ils ont organisé des centaines de jeunes à travers tout l’Irak, pour des formations aux droits humains, à la démocratie et aux droits des femmes. La Ligue étudiante des droits humains souhaite que le témoignage de la jeunesse irakienne soit entendu à travers le monde.
La plate-forme féministe Resisting Women est profondément choquée par ce refus de visa opposé à Mademoiselle Tamara Farid. L’Ambassade de France à Bagdad semble vouloir empêcher les organisations civiles de se réunir ! Elle s’interroge avec anxiété ce signifie les autorités françaises ce refus à l’encontre des organisations de défense des droits humains. Loin des proclamations officielles et des effets publics incantatoires, elle constate que ce type d’attitude vient s’ajouter aux difficultés qu’endure aujourd’hui la population irakienne, tout particulièrement les femmes, victimes des guerres considérées comme secondaires et négligeables.
Collectif Resisting Women, Paris, 10 mars 2008